Randonneur face à une mer de dunes voilée par le vent de sable, désert marocain
Guides du désert

Tempête de sable dans le désert : marcher par vent de sable au Maroc

Dans le désert, c’est le vent qui commande. Il peut n’être qu’une brise qui dessine des rides dans le sable, ou une tempête qui efface l’horizon et oblige à s’arrêter. Quand on marche dans les dunes du Sahara, savoir quand il souffle, d’où il vient et comment s’en protéger fait toute la différence entre un mauvais moment et un vrai souvenir de voyage. Ce guide réunit des données officielles sur le vent dans le sud du Maroc et des conseils pratiques pour marcher, et se reposer, quand le sable se lève.

L’essentiel

Dans le désert marocain, le vent souffle le plus fort au printemps : d’après les données de la NASA, avril et mai sont les mois les plus ventés à Merzouga et à M’Hamid, décembre et janvier les plus calmes. Si une tempête de sable vous surprend en pleine marche, arrêtez-vous, regroupez-vous, couvrez-vous la bouche et le nez avec un chèche, protégez vos yeux et attendez dos au vent que la visibilité revienne.

PhotosToutes les photos de ce guide ont été prises par Mustapha AIT ISHA, guide touristique agréé, sur nos itinéraires dans le désert marocain.

Qu’est-ce qu’une tempête de sable dans le désert ? 

Une tempête de sable se produit quand le vent souffle assez fort pour soulever le sable meuble et remplir l’air de particules. Le sable reste pourtant lourd. Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), les grains avancent par petits bonds qui, normalement, ne s’élèvent pas à plus d’un centimètre du sol. C’est pourquoi, quand le vent se lève, on sent d’abord un courant de sable qui file au ras des jambes. Par vent plus fort, le sable monte jusqu’au visage, tandis que la poussière la plus fine, bien plus légère, reste en suspension et voile la lumière.

C’est cette poussière fine qui voyage loin. L’Organisation météorologique mondiale estime qu’environ 2 milliards de tonnes de poussières entrent chaque année dans l’atmosphère, et place le Sahara parmi les principales sources de la planète. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les poussières sahariennes traversent même l’Atlantique jusqu’aux Caraïbes.

Groupe de randonneurs marchant dans les dunes par vent de sable, désert marocain
Un groupe de randonneurs avance dans les dunes par vent de sable.
Groupe de randonneurs marchant dans les dunes par vent de sable, désert marocain

Le chergui, le vent du désert marocain 

Au Maroc, le vent du désert porte un nom : le chergui, de l’arabe « de l’est ». Le glossaire de la Société américaine de météorologie le décrit comme un vent d’est ou de sud-est, sec, poussiéreux et persistant, chaud en été et froid en hiver. Il souffle surtout pendant les quarante jours qui suivent la mi-juillet, la période que les Marocains appellent smaïm.

NESO
  • Direction : de l’est ou du sud-est.
  • Caractère : sec, poussiéreux et persistant.
  • Température : chaud en été, froid en hiver.
  • Période la plus fréquente : environ 40 jours à partir de la mi-juillet, le smaïm.

Source : American Meteorological Society, Glossary of Meteorology.

Quand le vent souffle-t-il le plus dans le désert marocain ? 

Pour répondre avec des chiffres plutôt qu’avec des impressions, nous avons consulté les données climatiques du projet POWER de la NASA, qui calcule le vent moyen de chaque mois à partir de 25 ans de données, de 2001 à 2025. Voici les valeurs à 10 mètres du sol près des deux grandes mers de dunes du Maroc : Merzouga, au pied de l’erg Chebbi, et M’Hamid, porte de l’erg Chigaga.

Voir les données mois par mois
MoisMerzougaM’Hamid
Janvier12,712,6
Février14,213,7
Mars15,614,9
Avril17,216,1
Mai17,716,5
Juin16,916,1
Juillet15,615,2
Août15,014,7
Septembre15,014,9
Octobre13,913,4
Novembre13,412,9
Décembre12,412,4

Le schéma est net, et presque identique aux deux endroits. Le vent se renforce dès février, atteint son maximum en avril et mai, avec une moyenne d’environ 17 à 18 km/h à Merzouga, puis faiblit peu à peu jusqu’à décembre et janvier, les mois les plus calmes, autour de 12 à 13 km/h. Ce sont des moyennes : n’importe quel jour peut être parfaitement calme ou apporter des rafales bien plus fortes.

Si vous voulez marcher avec le moins de vent possible, l’automne et l’hiver jouent en votre faveur. Si vous partez au printemps, inutile de changer vos plans : il suffit d’être bien équipé et de connaître les bons réflexes quand le sable se lève.

Silhouette d'un randonneur sur une crête de dune balayée par le vent dans le désert marocain
Sur la crête, le vent soulève le sable au loin.
Randonneur montant une grande dune sous un ciel orageux au Maroc
Une montée sous un ciel d’orage.
Silhouette d'un randonneur sur une crête de dune balayée par le vent dans le désert marocain
Randonneur montant une grande dune sous un ciel orageux au Maroc

Marcher dans les dunes par grand vent : ce qui change 

Avec le vent, la dune devient un autre terrain. Sur les crêtes, il souffle plus fort et arrache le sable en panaches visibles de loin, alors que dans les creux entre les dunes l’air est souvent plus calme. Les traces de pas disparaissent aussitôt, si bien qu’on ne peut plus suivre celles de la personne devant : il faut marcher groupés et rester à vue les uns des autres.

Le sable qui file au ras du sol fouette les jambes et s’infiltre dans les chaussures, puis atteint le visage quand le vent forcit. La meilleure protection n’est donc pas tant la chaleur que la couverture : pantalon long, chaussettes hautes ou guêtres, lunettes bien fermées sur les côtés et de quoi se couvrir la bouche et le nez. Pour comprendre comment se forment les dunes et pourquoi elles changent de forme, lisez notre guide sur les paysages du désert marocain.

Le vent arrache le sable de la crête d'une grande dune dans le désert marocain
Le vent arrache le sable de la crête d’une dune.
Le vent arrache le sable de la crête d'une grande dune dans le désert marocain

Comment mettre un chèche pour le désert 

Le chèche des peuples du Sahara n’est pas un déguisement pour la photo : c’est l’outil le plus pratique contre le vent et le soleil. Une longue étoffe de coton protège la tête de la chaleur et, d’un geste, remonte sur la bouche et le nez quand le sable se lève. Il existe mille façons de le nouer ; voici l’une des plus simples.

  1. Préparez le tissu. Prenez une étoffe de coton longue et légère. Si elle est très large, pliez-la dans la longueur pour obtenir une bande.
  2. Laissez pendre une extrémité. Posez le tissu sur la tête en laissant retomber un long pan d’un côté, jusqu’à la poitrine.
  3. Faites les tours. Avec le reste, entourez la tête en passant par le front et la nuque, deux ou trois fois, sans trop serrer.
  4. Bloquez le tout. Glissez l’extrémité sous les tours pour qu’elle ne se défasse pas.
  5. Couvrez-vous le visage au besoin. Remontez le pan qui pendait devant la bouche et le nez, et coincez-le sous les tours de l’autre côté. Vous pourrez le rabaisser quand le vent tombera.

Des lunettes de soleil enveloppantes ou un masque de ski complètent la protection. Si vous portez des lentilles, prenez aussi vos lunettes : avec du sable dans l’air, les lentilles deviennent vite un supplice.

Que faire pendant une tempête de sable quand on marche ? 

Une tempête de sable arrive rarement sans prévenir : l’horizon jaunit, le vent forcit et le sable se met à courir sur le sol. Si cela arrive en pleine marche, l’essentiel est de rester groupés et de ne pas continuer à l’aveugle.

  1. Arrêtez-vous et regroupez-vous. Personne ne part devant ni ne reste derrière. Avec une faible visibilité, quelques mètres suffisent pour perdre le groupe de vue.
  2. Descendez de la crête. Au sommet de la dune, le vent souffle plus fort ; un peu plus bas, côté abrité, on est mieux.
  3. Couvrez-vous. Chèche sur la bouche et le nez, lunettes sur les yeux, capuche si vous en avez une.
  4. Asseyez-vous dos au vent. Rangez téléphone, appareil photo et papiers dans des sacs fermés.
  5. Buvez et patientez. Suivez les consignes du guide et ne repartez que lorsque la visibilité revient.
Si vous êtes asthmatique ou souffrez d’une maladie respiratoire

Lors des épisodes de poussières, le ministère espagnol de la Santé conseille aux personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques d’éviter de rester longtemps dehors, de garder leurs médicaments habituels à portée de main, de boire beaucoup et d’éviter les efforts intenses pendant toute la durée de l’épisode. Si c’est votre cas, parlez-en à votre médecin avant le départ et prévenez votre guide.

Que mettre dans son sac pour marcher dans le vent 

Cochez ce qui est déjà dans votre sac. Rien n’est enregistré : c’est simplement une aide pour vérifier avant le départ.

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Et si vous passez la nuit dans le désert, notre guide sur la nuit sous une tente berbère vous dit à quoi vous attendre.

Questions fréquentes sur les tempêtes de sable 

Une tempête de sable dans le désert est-elle dangereuse ?

Pour un marcheur, le principal risque est la perte de visibilité, qui peut disperser le groupe. D’où l’importance de s’arrêter, de se regrouper et d’attendre. Les poussières ont aussi des effets sur la santé respiratoire et cardiovasculaire, selon l’OMS : les personnes asthmatiques ou souffrant d’une maladie respiratoire doivent redoubler de prudence.

Quand y a-t-il des tempêtes de sable au Maroc ?

Elles peuvent survenir à toute période de l’année, mais le vent est plus fort au printemps. Selon les données de la NASA, avril et mai sont les mois les plus ventés à Merzouga et à M’Hamid, décembre et janvier les plus calmes.

Qu’est-ce que le chergui ?

C’est le vent du désert marocain : il souffle de l’est ou du sud-est, il est sec et poussiéreux, chaud en été et froid en hiver, et il est le plus fréquent pendant les quarante jours qui suivent la mi-juillet.

Comment mettre un chèche ?

On laisse pendre une extrémité, on fait deux ou trois tours autour de la tête et on glisse le bout sous les tours. Quand le vent souffle, on remonte le pan qui pendait devant la bouche et le nez.

Que faire si l’on est pris dans un vent de sable ?

S’arrêter, se regrouper, descendre de la crête, se couvrir la bouche, le nez et les yeux, s’asseoir dos au vent et attendre le retour de la visibilité avant de repartir.

Quelle est la meilleure période pour aller dans le désert marocain sans trop de vent ?

L’automne et l’hiver. Décembre et janvier ont les vents moyens les plus faibles de l’année à Merzouga et à M’Hamid, avril et mai les plus forts.