Animaux du désert marocain : dromadaire sur une dune au coucher du soleil
Guides du désert

Animaux du désert marocain : la faune du Sahara, du dromadaire au fennec

À midi, le désert semble vide. Il suffit pourtant de regarder le sable au lever du jour pour comprendre qu’il ne l’est pas : des traces partout, de pattes minuscules, de queues qui traînent, de quelque chose qui est passé pendant la nuit. Le Sahara marocain abrite des dromadaires, des oiseaux, des reptiles, des insectes et de petits mammifères qui se contentent de très peu d’eau sous une chaleur extrême. Voici les animaux du désert que l’on trouve autour de Merzouga, de Zagora ou de l’Erg Chigaga, comment ils survivent et quelles précautions prendre.

L’essentiel

L’animal que vous verrez le plus dans le désert marocain, c’est le dromadaire, et c’est un animal domestique. Viennent ensuite de petits oiseaux comme le moineau blanc et le traquet à tête blanche, puis les lézards et les scarabées qui sortent dès que le soleil chauffe le sol. La plupart des mammifères sauvages, comme le fennec ou la gerboise, ne sortent que la nuit et se montrent très rarement. Scorpions et vipères existent bien, mais ils fuient l’homme et sont beaucoup moins actifs pendant les mois frais.

PhotosToutes les photos de ce guide ont été prises par Mustapha AIT ISHA, guide touristique agréé, sur nos itinéraires dans le désert marocain.

Quels animaux vivent dans le désert du Sahara au Maroc ? 

Le Sahara marocain, ce n’est pas que du sable. Les mers de dunes, comme l’Erg Chebbi à Merzouga ou l’Erg Chigaga, y alternent avec des plaines caillouteuses, des oueds à sec et des palmeraies, et chacun de ces paysages a ses habitants : le dromadaire, que l’homme élève ici depuis des siècles, et une faune sauvage discrète d’oiseaux, de reptiles, d’insectes et de petits mammifères.

Le tableau ci-dessous présente les espèces les plus représentatives, avec leur nom scientifique, leur statut sur la Liste rouge de l’UICN et leur protection. Au Maroc, la loi 29-05 interdit de capturer, de détenir ou de vendre les espèces protégées sans autorisation, sous peine d’amendes de 5 000 à 100 000 dirhams par spécimen selon la catégorie.

AnimalUICNProtection
DromadaireCamelus dromedariusDomestiqueBétail
FennecVulpes zerdaLCCITES, annexe II
Chat des sablesFelis margaritaLCCITES, annexe II
Gazelle dorcasGazella dorcasVUCMS, annexe I
Petite gerboise d’ÉgypteJaculus jaculusLC·
Moineau blancPasser simplexLC·
Traquet à tête blancheOenanthe leucopygaLC·
Vipère à cornesCerastes cerastesLCProtégée au Maroc
Fouette-queueUromastyx nigriventrisLCCITES, annexe II

LC : préoccupation mineure. VU : vulnérable. Sources : Liste rouge de l’UICN ; Convention sur les espèces migratrices ; CITES ; décret marocain 2-12-484, qui classe la vipère à cornes parmi les espèces protégées.

Le jour ou la nuit : comment ils échappent à la chaleur 

Les animaux du désert ne luttent pas contre la chaleur, ils l’évitent. La stratégie la plus répandue consiste à vivre la nuit et à passer les heures chaudes sous terre, dans des terriers où la température reste bien plus douce. C’est le cas du fennec, de la gerboise et du chat des sables, et la vipère à cornes chasse elle aussi la nuit.

Deuxième stratégie : ne pas dépendre de l’eau. D’après la base Animal Diversity Web de l’université du Michigan, le fennec peut se passer de boire indéfiniment, tandis que la gerboise et la gazelle dorcas tirent leur eau des plantes et des insectes qu’elles mangent. La troisième tient au corps lui-même : les oreilles du fennec, longues d’environ 15 cm, l’aident à évacuer la chaleur, et le chat des sables a des poils sous les coussinets pour marcher sur le sable brûlant.

Quand sont-ils actifs ?
AnimalLe jourLa nuit
Dromadaire
Petits oiseaux
Lézards
Scarabées ténébrionidés
Scorpions
Vipère à cornes
Fennec, gerboise, chat des sables
Activité principaleCertaines espèces seulement

Sources : Animal Diversity Web (université du Michigan) ; Swichtenberg et al., 2023, sur les ténébrionidés ; données du Centre antipoison du Maroc sur les piqûres de scorpion.

Voilà pourquoi le désert paraît si calme à midi et si plein de traces à l’aube. Si vous dormez dans un campement, levez-vous tôt pour lire le sable avant que le vent n’efface tout.

Le dromadaire, l’animal du désert par excellence 

C’est l’animal que vous croiserez le plus souvent, et le seul de cette liste qui ne soit pas sauvage. Il n’existe plus de dromadaires sauvages : tous sont domestiques, à part quelques troupeaux retournés à l’état sauvage en Australie. Au Maroc, le recensement du cheptel mené par le ministère de l’Agriculture a compté 106 044 camelins en 2025, surtout dans les provinces du Sud.

Dromadaire au pied d'une dune boisée dans le désert marocain
Un dromadaire au pied d’une dune, près des arbres qui la fixent.
Dromadaire au pied d'une dune boisée dans le désert marocain

Sa réputation de résister sans boire est méritée, mais la bosse n’y est pour rien : elle ne contient pas d’eau, mais de la graisse, une réserve d’énergie pour les périodes où la nourriture manque. Le secret est dans sa physiologie. Un dromadaire supporte de perdre plus de 30 % de l’eau de son corps, alors que la plupart des mammifères meurent autour de 15 %, et il peut boire 100 litres en dix minutes.

Perte d’eau que le corps peut supporter
Dromadaire plus de 30 %
La plupart des mammifères 15 %

Source : Animal Diversity Web, université du Michigan. Échelle de 0 à 40 %.

Autre astuce : sa température corporelle varie au cours de la journée, entre 34 et 41,7 °C. En laissant son corps se réchauffer pendant les heures chaudes, il transpire moins et économise son eau.

Vous le découvrirez de près sur nos circuits. Pendant le circuit de 3 jours dans le désert de Merzouga, on rejoint le campement à dos de dromadaire après environ une heure et demie de balade dans les dunes, et lors du circuit de 2 jours à Zagora, la balade est plus courte. Pendant la randonnée dans le désert de la vallée du Drâa, ce sont eux qui portent l’eau, les vivres et les bagages pendant que le groupe marche.

Dromadaire seul sur une crête de dune au coucher du soleil dans le Sahara marocain
Un dromadaire sur la crête, au coucher du soleil.
Silhouettes d'une caravane de dromadaires sur une dune au crépuscule
La caravane au crépuscule, en ombre chinoise.
Dromadaire seul sur une crête de dune au coucher du soleil dans le Sahara marocain
Silhouettes d'une caravane de dromadaires sur une dune au crépuscule

Les oiseaux du désert : le moineau blanc et le traquet à tête blanche 

Les oiseaux sont la faune sauvage la plus facile à observer en journée, surtout le matin. Deux espèces figurent sur nos photos.

Le moineau blanc (Passer simplex) est un petit oiseau couleur sable, presque invisible quand il reste immobile au sol. Le mâle se reconnaît à sa bavette noire et au trait sombre qui lui traverse l’œil ; la femelle est plus pâle et plus uniforme.

Le traquet à tête blanche (Oenanthe leucopyga) est tout l’inverse : noir et brillant, très facile à repérer sur une branche ou un rocher. D’après le laboratoire d’ornithologie de l’université Cornell, seuls les adultes portent la calotte blanche qui lui donne son nom, et il vit sur les pentes rocheuses et dans les oueds asséchés. Les deux espèces sont classées en préoccupation mineure.

Moineaux blancs (Passer simplex), mâle et femelles, sur le gravier du désert au Maroc
Moineaux blancs : le mâle porte la bavette noire.
Traquet à tête blanche (Oenanthe leucopyga) perché sur une branche sèche dans le désert
Un traquet à tête blanche adulte.
Moineaux blancs (Passer simplex), mâle et femelles, sur le gravier du désert au Maroc
Traquet à tête blanche (Oenanthe leucopyga) perché sur une branche sèche dans le désert

D’autres oiseaux du désert, comme les gangas ou le courvite isabelle, figurent sur la liste des espèces protégées au Maroc.

Les reptiles du désert : lézards et vipère à cornes 

Dès que le soleil chauffe les pierres, les lézards sortent. Ce sont les reptiles que l’on voit le plus en journée : ils se chauffent sans bouger, filent à l’ombre d’un rocher quand on s’approche, puis réapparaissent une minute plus tard. Certains arborent des couleurs étonnantes, comme ce lézard à tête bleutée photographié sur le gravier, avec les pattes des dromadaires en arrière-plan.

Lézard tacheté du désert contre un rocher, sur le sable et le gravier au Maroc
Un lézard tacheté au soleil, contre un rocher.
Lézard à tête bleutée posé sur le gravier du désert marocain
Un lézard à tête bleutée, avec des dromadaires derrière lui.
Lézard tacheté du désert contre un rocher, sur le sable et le gravier au Maroc
Lézard à tête bleutée posé sur le gravier du désert marocain

Autre reptile typique du Sahara, le fouette-queue (Uromastyx) se nourrit surtout de végétaux, s’abrite dans des terriers ou des fissures de rochers et passe une bonne partie de la journée au soleil. Toutes les espèces du genre sont inscrites à l’annexe II de la CITES depuis 1977, ce qui encadre leur commerce.

Le serpent le plus connu du désert est la vipère à cornes (Cerastes cerastes). Ses « cornes » sont une écaille dressée au-dessus de chaque œil, et tous les individus n’en ont pas. Elle chasse surtout la nuit, s’enfouit dans le sable meuble jusqu’à ne laisser dépasser que les yeux et les narines, et se déplace de côté, laissant dans le sable des marques parallèles en forme de J très reconnaissables. Elle est venimeuse, même si, selon l’université du Michigan, son venin est moins puissant que celui de la plupart des autres serpents de la région. Au Maroc, c’est une espèce protégée.

Les insectes du désert : les scarabées ténébrionidés 

Les traces les plus fines que vous verrez le matin dans le sable sont souvent celles de scarabées. Les ténébrionidés sont noirs, avec de longues pattes et une carapace bombée, et comptent parmi les insectes les mieux adaptés au désert. Leurs élytres sont soudés et emprisonnent une poche d’air qui, selon une étude publiée dans la revue Florida Entomologist, limite la perte d’eau.

Scarabée ténébrionidé noir marchant sur le sable d'une dune au Maroc
Un ténébrionidé traversant le sable des dunes.
Scarabée ténébrionidé noir marchant sur le sable d'une dune au Maroc

La plupart des espèces de cette famille sont actives la nuit ou au crépuscule, quand le sable refroidit, même si quelques-unes se déplacent en plein soleil. Elles sont totalement inoffensives : si vous en croisez une, laissez-la simplement poursuivre son chemin.

Les mammifères nocturnes : fennec, gerboise, chat des sables et gazelle 

Ce sont les animaux que tout le monde espère voir, et les plus difficiles à trouver, car ils passent la journée cachés. Vous aurez bien plus de chances de tomber sur leurs traces que sur eux.

  • Le fennec est le petit renard aux oreilles immenses. Il chasse la nuit et dort le jour dans son terrier. D’après le groupe de spécialistes des canidés de l’UICN, il est courant dans le sud du Maroc, dans les zones sableuses éloignées des villages.

  • La gerboise est un petit rongeur qui se déplace par bonds grâce à ses longues pattes arrière. Elle ne sort que la nuit, vit dans un terrier à plusieurs sorties et n’a pas besoin de boire.

  • Le chat des sables est un petit félin nocturne qui tire l’humidité de ses proies. Le groupe de spécialistes des félins de l’UICN signale sa présence au Maroc dans des zones sableuses avec des acacias et des touffes de graminées.

  • La gazelle dorcas peut vivre toute sa vie sans boire, en tirant son eau des plantes. C’est l’animal le plus menacé de cette liste : l’UICN la classe vulnérable, et elle figure à l’annexe I de la Convention sur les espèces migratrices, le niveau de protection le plus élevé.

Y a-t-il des animaux dangereux dans le désert marocain ? 

Il y a des scorpions et des serpents venimeux, comme presque partout au Maroc, mais ils ne cherchent pas le contact avec l’homme. Les chiffres du Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), présentés par le ministère de la Santé en 2026, permettent de relativiser :

20 583piqûres de scorpion dans tout le Maroc en 2025
70 %entre 18 h et 6 h
70 %aux mains et aux pieds
405morsures de serpent dans tout le pays

Source : ministère de la Santé et de la Protection sociale, chiffres du CAPM pour 2025, campagne nationale contre les envenimations de juin 2026.

La plupart des piqûres ont lieu la nuit, en milieu rural et à l’intérieur des maisons, et culminent en été. Une étude de la faculté des sciences Semlalia de l’université Cadi Ayyad de Marrakech le montre bien :

Source : Touloun et al., 2001, université Cadi Ayyad. Données de 1994 à 1998 dans les plaines du Haouz et du Souss.

La même étude désigne le scorpion noir (Androctonus mauretanicus) comme le plus dangereux du Maroc : il a causé près de la moitié des piqûres et 60 % des décès dans ces plaines. Le scorpion jaune (Buthus occitanus) est fréquent, mais moins dangereux.

En cas de piqûre ou de morsure

Gardez votre calme et rendez-vous immédiatement au centre de santé le plus proche, sans recourir aux remèdes traditionnels. Le Centre antipoison du Maroc répond gratuitement 24 h sur 24 au 080 100 01 80, selon le portail officiel du gouvernement. Prévenez aussi votre guide.

Observer les animaux du désert sans les déranger 

Observer la faune du désert, c’est une affaire d’horaires, de patience et de silence. Ces quelques habitudes aident à voir davantage et à déranger moins.

  • Levez-vous tôt. Les premières heures du matin sont les meilleures pour les oiseaux et pour lire les traces laissées par les animaux nocturnes.
  • Emportez des jumelles. Les oiseaux du désert sont petits et rapides ; avec des jumelles, vous les observerez sans vous approcher.
  • Ne nourrissez pas les animaux. Ni les oiseaux du campement ni les dromadaires : le pain et les restes ne font pas partie de leur alimentation.
  • Ne manipulez ni reptiles ni insectes et ne soulevez pas les pierres à mains nues : un scorpion peut se cacher dessous.
  • Secouez vos chaussures avant de les enfiler le matin et ne marchez pas pieds nus la nuit.
  • N’achetez pas d’animaux sauvages et ne vous faites pas photographier avec eux : beaucoup d’espèces sont protégées par la loi 29-05.

Vous passez la nuit dans les dunes ? Notre guide sur la nuit dans le désert sous une tente berbère vous dit quoi emporter pour les nuits froides.

Questions fréquentes sur les animaux du désert 

Quels animaux vivent dans le désert du Sahara ?

Dans le Sahara marocain vivent le dromadaire, qui est domestique, et des animaux sauvages comme le fennec, la gerboise, le chat des sables et la gazelle dorcas, des oiseaux comme le moineau blanc ou le traquet à tête blanche, des reptiles comme la vipère à cornes et le fouette-queue, des scarabées ténébrionidés et des scorpions.

Comment les animaux du désert survivent-ils sans eau ?

Beaucoup tirent l’eau de leur nourriture, comme le fennec, la gerboise ou la gazelle dorcas. La plupart évitent aussi la chaleur en vivant la nuit et en passant la journée dans un terrier. Le dromadaire supporte de perdre plus de 30 % de l’eau de son corps et peut boire 100 litres en dix minutes.

Peut-on voir un fennec dans le désert ?

C’est rare. Le fennec chasse la nuit et dort le jour dans son terrier, si bien qu’on trouve beaucoup plus souvent ses traces dans le sable du matin que l’animal lui-même.

Que contient la bosse du dromadaire ?

De la graisse, pas de l’eau. La bosse est une réserve d’énergie pour les périodes où la nourriture se fait rare.

Y a-t-il des scorpions dans le désert au Maroc ?

Oui, comme dans une grande partie du pays. Ils sont surtout actifs la nuit et en été. Secouez vos chaussures avant de les mettre, ne soulevez pas les pierres à mains nues et ne marchez pas pieds nus une fois la nuit tombée.

Que faire en cas de piqûre de scorpion au Maroc ?

Gardez votre calme, prévenez votre guide et rendez-vous au centre de santé le plus proche sans recourir aux remèdes traditionnels. Le Centre antipoison du Maroc répond gratuitement 24 h sur 24 au 080 100 01 80.