Un trek dans l’Atlas marocain ne s’arrête pas au Toubkal. Plus à l’est, le Haut Atlas central compte un second 4 000, des gorges profondes et la verte vallée des Aït Bouguemez. Au sud, le Jbel Saghro, très sec, est le massif où marcher en hiver. Voici les treks que nous guidons au-delà du Toubkal, et comment choisir entre eux.
Pour un second sommet de plus de 4 000 m, partez sur le M’Goun, dans le Haut Atlas central, entre avril et novembre. Pour de grandes falaises et quelques passages d’escalade facile mais exposée, choisissez le cirque de Taghia et la vallée heureuse. Pour marcher en hiver, descendez au sud dans le Jbel Saghro volcanique, de septembre à avril. Tous ces treks durent de 7 à 9 jours au départ de Marrakech, et ce sont les mules qui portent les bagages.
Trek Atlas Maroc : les meilleurs itinéraires au-delà du Toubkal
Six treks de plusieurs jours : trois dans le Haut Atlas central, trois plus au sud ou à l’ouest. Le tableau compare leur durée, leur point culminant, leur saison et le type de terrain qui vous attend.
| Trek | Région | Durée | Point culminant | Saison | Terrain |
|---|---|---|---|---|---|
| M’Goun et vallée heureuse | Haut Atlas central | 7 jours | Sommet du M’Goun | D’avril à novembre | Longue crête, sans difficulté technique |
| M’Goun et gorges d’Achabou | Haut Atlas central | 9 jours | Sommet du M’Goun | De juin à septembre | Sommet, puis canyon à remonter les pieds dans l’eau |
| Taghia et vallée heureuse | Haut Atlas central | 7 jours | 3 253 m | Sur demande | Escalade facile mais exposée le jour 2 |
| Jbel Saghro | Au sud du Haut Atlas | 9 jours | Kouaouch, 2 600 m | De septembre à avril | Sentiers caillouteux, canyons, une descente raide |
| Trek dans la vallée du Drâa | Basse vallée du Drâa | 9 jours | Désert de basse altitude | D’octobre à avril | Palmeraies, hamada et dunes |
| Côte atlantique jusqu’à Essaouira | Côte au sud d’Essaouira | 8 jours | Collines côtières | De février à décembre | Sentiers de falaise et plages |
La durée compte tous les jours, de l’arrivée à Marrakech jusqu’au départ. Source : nos propres itinéraires.
Pourquoi partir en trek dans l’Atlas marocain au-delà du Toubkal ?
Avec ses 4 167 m, le Toubkal est le plus haut sommet d’Afrique du Nord, et la voie depuis Imlil est très fréquentée. Si c’est lui que vous visez, notre guide de l’ascension du Toubkal vous dit tout. Les treks qui suivent sont une autre façon de randonner dans l’Atlas : une semaine de marche de vallée en vallée, de village en village, avec un sommet ou une gorge en chemin plutôt que comme seul but. Si vous hésitez encore sur ce que recouvre le mot, voyez ce qu’est un trekking.
Trois choses les distinguent :
- Moins de monde. Le Haut Atlas central et le Saghro voient passer beaucoup moins de randonneurs que le secteur du Toubkal.
- Des itinérances plus longues. Vous marchez cinq ou six jours et dormez en bivouac, dans des abris de bergers et des gîtes chez l’habitant.
- D’autres paysages. Hautes falaises, plateaux d’altitude, roche volcanique, désert et océan, selon le trek.
Trek M’Goun : l’autre 4 000 du Maroc
L’Ighil M’Goun culmine à 4 071 m dans le Haut Atlas central. C’est le troisième sommet de l’Atlas après le Toubkal et l’Ouanoukrim. Le territoire qui l’entoure est un géoparc mondial UNESCO. Malgré l’altitude, la voie normale n’a rien de technique : elle suit une longue crête large, parfois enneigée, et la vue depuis le sommet porte loin sur toute la chaîne.
- Sommet4 071 m
- DépartVallée des Aït Bouguemez
- Route depuis MarrakechEnviron 5 heures
- Col le plus hautPlus de 3 300 m
Géoparc mondial UNESCO du M’Goun : UNESCO.
Nos deux treks du M’Goun commencent de la même façon. Après environ cinq heures de route depuis Marrakech jusqu’à la vallée des Aït Bouguemez, une heure de marche mène au premier bivouac, à Ikkis. Le lendemain, on monte en douceur entre buis et genévriers jusqu’à un haut col, face à toute la crête du M’Goun, puis on redescend sur le plateau de Tarkeddit, près des sources de la Tessaout, vers 2 900 m. Le jour du sommet suit la crête jusqu’en haut et redescend par le col de Tizi n’Oumsoud, à 2 970 m. Ensuite, les deux treks se séparent.
Retour par la vallée heureuse des Aït Bouguemez, en 7 jours
La version courte repart vers le nord, jusqu’à la vallée des Aït Bouguemez, la « vallée heureuse », pour une dernière nuit dans un gîte du village avant de rentrer à Marrakech par les cascades d’Ouzoud. Elle se fait d’avril à novembre. Si le jour venu vous n’avez pas envie du sommet, un chemin muletier passe sous la cime et rejoint le même bivouac, dans la vallée d’Oulilimt. C’est notre trek du M’Goun par la vallée heureuse.
Par les gorges d’Achabou, en 9 jours
La version longue continue vers le sud : environ 100 km à pied en six jours. Sous le sommet, on suit la rivière M’Goun vers l’aval en passant par des villages comme El Mrabitine, avec sa maison fortifiée, et Taghreft. Viennent ensuite les étroits d’Achabou, où les parois du canyon s’élèvent à plus de 1 200 m au-dessus de vous et où le passage ne fait que quelques mètres de large. Plus de sentier : on marche dans la rivière, de l’eau jusqu’aux mollets.
Le trek se termine dans la vallée de Boutaghrar, et le retour à Marrakech fait halte à Aït Ben Haddou. Il se fait de juin à septembre. Tous les détails sont sur la page de notre trek du sommet du M’Goun et des gorges d’Achabou.
- Prévoyez des vêtements chauds pour le jour du sommet et pour les deux nuits vers 3 000 m, même en été.
- Pour les gorges d’Achabou, emportez des chaussures qui supportent l’eau.
Le cirque de Taghia et la vallée heureuse
C’est le trek le plus spectaculaire du Haut Atlas central, et le seul de ce guide avec des passages exposés. Il part près de Zaouiat Ahansal et remonte une gorge jusqu’au cirque de Taghia, fermé par des parois de plus de 800 m. Il sort ensuite du cirque, traverse de hautes terres désertes, puis redescend dans la vallée heureuse.
- D’Agoudim à Taghia. Du bout de la piste, à 1 600 m, on remonte la gorge jusqu’au cirque, à 1 880 m.
- De Taghia à Mdint Jdid. La journée clé : une montée raide, le passage d’un couloir souterrain appelé Inifif, « l’entonnoir », puis des vires aériennes avec de courtes sections d’escalade, faciles mais exposées. Les mules passent par un autre chemin.
- La crête de l’Ifrilzem. Une longue crête nue, autour de 3 000 m ou au-dessus, qui atteint 3 253 m, puis descente vers le lac d’Izourar, souvent à sec.
- Descente vers la vallée heureuse. Par les chemins pastoraux des nomades Aït Atta, entre chênes verts, genévriers séculaires et buis.
- À travers la vallée jusqu’à Agouti. Empreintes de dinosaures, le grenier de Sidi Moussa perché sur sa colline et une nuit en gîte au village.
Le retour à Marrakech fait halte aux cascades d’Ouzoud. C’est le jour 2 qui demande réflexion : il faut avoir le pied sûr et ne pas craindre le vide. Si c’est votre cas, voici notre trek du cirque de Taghia et de la vallée heureuse.
Le Jbel Saghro en hiver : randonner au sud du Haut Atlas
Quand le Haut Atlas est sous la neige, c’est dans le Jbel Saghro qu’il faut marcher. Ce massif de roche sombre s’étend au sud du Haut Atlas, entre la vallée du Dadès et le Sahara. Son point culminant est l’Amalou n’Mansour, à 2 712 m, et c’est la région de montagne la plus sèche de tout le système atlasique. C’est justement ce qui le rend agréable de septembre à avril, et très chaud dès le mois de juin.
- Le Saghro est le territoire traditionnel des Aït Atta, un peuple amazigh qui se déplace encore avec ses troupeaux. En été, beaucoup montent vers les pâturages plus frais de la vallée des Aït Bouguemez, d’où partent les treks du M’Goun.
Notre trek marche six jours, de 4 à 8 h et de 12 à 20 km par jour, depuis le village de Tagdilt, au sud de Kelaat M’Gouna. La plus belle étape monte au Kouaouch, à 2 600 m, avec la vue sur le Saghro et les montagnes présahariennes, puis descend raide vers l’oasis d’Igli. Viennent ensuite les gorges d’Afourar, avec quelques passages simples de canyoning, un bivouac à Tiblah, les tours rocheuses de Bab n’Ali et une nuit près de la cascade de Tazlout.
- Les nuits d’hiver sont froides : au bivouac d’Almou n’Ouarg, à 2 300 m, la température descend sous 0 °C.
- L’eau est très rare le premier jour : emportez-en assez depuis Tagdilt.
Le programme complet se trouve sur la page de notre trek dans le Jbel Saghro.
Étapes, distances et bivouacs : notre propre itinéraire.
Au-delà des montagnes : treks dans le désert et sur la côte
Deux des plus belles randonnées au Maroc ne passent pas du tout par la montagne. Elles reprennent le même principe, marcher de bivouac en bivouac avec une équipe, mais dans le désert et au bord de l’océan.
La vallée du Drâa à pied
Dans la basse vallée du Drâa, on marche entre palmeraies, hamada caillouteuse et dunes, et ce sont les dromadaires qui portent l’eau, les vivres et les sacs. Les étapes durent de 5 à 7 h pour 14 à 18 km, d’octobre à avril, avec des nuits en bivouac dans les dunes de Tidri, de l’Erg Sahel et de Ras Errich. C’est notre randonnée dans le désert de la vallée du Drâa depuis Marrakech, et notre guide des excursions dans le désert depuis Marrakech montre comment il se situe par rapport aux circuits désert classiques.
La côte atlantique jusqu’à Essaouira
Au sud d’Essaouira, aucune route ne longe la mer sur une bonne distance : rien que des falaises, des criques, des dunes et de longues plages presque vides. Ce trek les suit vers le nord pendant cinq jours, de 5 à 7 h de marche par jour, traverse les collines d’Igzoulne couvertes d’arganiers et dort sur la plage ou dans les dunes d’Iftan. Les dromadaires portent les sacs. On arrive à Sidi Kaouki par le sable et on termine à Essaouira. Il se fait de février à décembre, et le programme est sur la page de notre trek sur la côte atlantique jusqu’à Essaouira.
- Les plages sont presque désertes : ne vous baignez que si la mer le permet, et avec beaucoup de prudence.
Quel trek pour quelle saison ?
La haute montagne du printemps à l’automne, le sud en hiver. À eux tous, ces treks couvrent l’année entière.
Source : la saison retenue pour chacun de nos treks.
Les saisons se chevauchent au printemps et à l’automne. En avril, octobre et novembre, vous avez le choix entre le M’Goun, le Saghro, la vallée du Drâa et la côte. En juillet et août, optez pour le M’Goun ou la côte : le Saghro est très chaud dès juin.
Randonnée dans le Haut Atlas et au sud : quel niveau faut-il ?
Inutile d’être un alpiniste chevronné, mais il faut une bonne condition physique pour marcher cinq à sept heures par jour plusieurs jours d’affilée. La plupart de ces treks demandent un effort modéré, avec une difficulté technique facile. Quelques points font la différence :
- Vous ne portez qu’un sac à dos de journée. Les mules portent les bagages en montagne, les dromadaires dans le désert et sur la côte.
- Sur le M’Goun, l’altitude se fait sentir. Vous dormez vers 2 900 m avant le sommet, et la montée vers ce plateau est l’étape la plus exigeante.
- Taghia demande de ne pas avoir le vertige. L’escalade du jour 2 est facile mais exposée.
- Dans le Saghro, c’est la chaleur qui fatigue le plus. L’étape qui suit la cascade de Tazlout est exigeante, à cause de la chaleur et des montées.
Que mettre dans son sac pour un trek de plusieurs jours
Prévoyez de grands écarts de température entre le jour et la nuit, et rangez vos affaires dans un sac souple que les animaux peuvent porter.
- Un sac de couchage. Le matériel de camping est fourni, mais le sac de couchage n’est pas inclus sur les treks du Saghro, de la vallée du Drâa, de la côte atlantique et d’Achabou.
- Un sac de voyage souple plutôt qu’une valise, pour les mules ou les dromadaires.
- Un petit sac à dos de journée pour l’eau, l’appareil photo et le passeport.
- Des chaussures de randonnée déjà faites à vos pieds. Portez-les dans l’avion, au cas où vos bagages seraient perdus.
- Des couches chaudes pour les nuits froides en montagne, et dans le désert en hiver.
- Protection solaire : chapeau, lunettes de soleil et crème solaire.
- Une trousse de premiers secours personnelle.
Questions fréquentes
Quel est le plus beau trek dans l’Atlas marocain, en dehors du Toubkal ?
Pour un sommet, le M’Goun, à 4 071 m, sans difficulté technique par la voie normale. Pour les paysages, le cirque de Taghia et la vallée heureuse. Pour l’hiver, le Jbel Saghro, au sud du Haut Atlas.
Quelle est l’altitude du M’Goun, et le trek est-il difficile ?
L’Ighil M’Goun culmine à 4 071 m, troisième sommet de l’Atlas. L’ascension suit une longue crête large sans difficulté technique, mais il faut être en forme et prêt à affronter le froid et l’altitude.
Où se trouve la vallée heureuse au Maroc ?
La vallée heureuse, c’est la vallée des Aït Bouguemez, dans le Haut Atlas central, à environ cinq heures de route de Marrakech. C’est le point de départ des treks du M’Goun et l’arrivée du trek de Taghia.
Quelle est la meilleure période pour une randonnée dans le Haut Atlas ?
Pour la haute montagne, de la fin du printemps à l’automne : nos treks du M’Goun se font d’avril à novembre, ou de juin à septembre avec les gorges d’Achabou. Pour le Jbel Saghro et le désert, de septembre ou octobre à avril.
Peut-on faire une randonnée au Maroc en hiver ?
Oui. Le Jbel Saghro, la vallée du Drâa et la côte atlantique sont de bons treks d’hiver. Attendez-vous à des nuits froides dans le Saghro, sous 0 °C au bivouac le plus haut.
Dois-je porter mes bagages ?
Non. Sur tous ces treks, les mules ou les dromadaires portent les sacs et le matériel de camping. Vous ne portez qu’un sac à dos de journée.



